Pourquoi miser sur les partenariats public-privé locaux en Occitanie ?
La force de l’Occitanie, c’est la diversité de ses territoires et de ses filières économiques. Le secteur public (collectivités, agences, établissements publics) joue un rôle moteur aux côtés des entreprises pour :
- Booster l’innovation et la création d’emplois (notamment via les pôles et clusters)
- Accélérer la transition énergétique et soutenir la filière environnementale
- Favoriser le développement des écosystèmes territoriaux
- Moderniser les services publics en coopération avec l’écosystème privé
En 2022, CGI (Conseil Général de l’Industrie, de l’Énergie et des Technologies) notait que 4 entreprises industrielles sur 10 en Occitanie font appel à leur collectivité pour innover [CCI Occitanie].
Les grands réseaux structurants en Occitanie
Les pôles de compétitivité : des catalyseurs de projets collaboratifs
Les pôles de compétitivité occupent une place centrale dans l’animation des partenariats public-privé, via des projets de R&D associant PME, grands groupes, startups, laboratoires et collectivités.
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Aerospace Valley (Toulouse/Montauban) : Premier pôle mondial de l’aéronautique, engage chaque année plus de 300 organisations autour de projets cofinancés (aerospace-valley.com).
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Agri Sud-Ouest Innovation : Regroupe près de 400 membres de l’agroalimentaire, dont une centaine d’acteurs publics (INRAE, chambres d’agriculture).
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DERBI (Perpignan) : Spécialisé dans les énergies renouvelables. La quasi-totalité de ses projets bénéficient d’un co-pilotage public-privé, par exemple sur l’agrivoltaïsme ou l’autoconsommation collective.
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Eurobiomed : Pour la santé, avec des groupes comme Pierre Fabre et des hôpitaux partenaires, structure des appels à projets transverses (public et privé), notamment pour les essais cliniques.
La force de ces pôles, c’est de faciliter le montage de consortiums : partage de dossiers, recherche de financements et animation d’ateliers thématiques ouverts à la fois aux entreprises et aux acteurs publics. En 2021, les projets labellisés par les pôles de la région ont généré plus de 400 millions d’euros d’investissements cumulés (Precepta).
Les clusters régionaux : des hubs à taille humaine
Parmi les réseaux actifs dans le décloisonnement public-privé, les clusters offrent un terrain d’expérimentation pragmatique, surtout dans les filières de niche.
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Digital 113 : Le cluster numérique rassemble plus de 300 membres privés, mais aussi 20+ partenaires institutionnels (Région, Métropoles, agences de développement...). Ils pilotent régulièrement des groupes projet mixtes, par exemple sur la e-santé ou la mobilité intelligente (digital113.fr).
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TWIST (Textile Well-being Innovation Smart Textiles) : Le cluster textile montpelliérain associe designers, écoles et soutien la structuration de filières locales avec les collectivités (projets de relocalisation).
Chaque cluster organise des ateliers collaboratifs ouverts (ateliers d’innovation, journées adhérents avec les décideurs publics, visites de sites financées conjointement...).
Les réseaux d’entreprises territoriaux au service de l’action locale
Au plus près des territoires, les clubs et réseaux d’entreprises animent l’échange entre acteurs publics et privés sur les enjeux de développement local et de services partagés :
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Réseau Entreprendre Occitanie : Un des plus structurants pour le parrainage des créateurs en partenariat avec les agglomérations, les élus et la CCI.
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Les clubs d’entreprises de zones d’activités : Que ce soit à Labège, Tarbes, ou Bagnols, ils travaillent concrètement avec les communes sur l’emploi local, la mobilité, la sécurité, le verdissement des parcs.
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Le Club LR (Montpellier et région) : Réunit PME, élus, agences publics autour de rencontres trimestrielles (veille foncière, projets d’infrastructure, services mutualisés…).
Ce sont souvent les réseaux de proximité qui permettent d’adresser vite les “petits” sujets (coorganisation de salons locaux, solutions de covoiturage, commande publique partagée…).
Les initiatives spécifiques pour structurer l’innovation public-privé
Les appels à projets et plateformes collaboratives
La région Occitanie pilote ou soutient de nombreux appels à projets qui impliquent à la fois entreprises, centres de recherche et collectivités. À titre d’exemple :
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Appels à Manifestation d’Intérêt (AMI) “Territoires d’Innovation” : plusieurs projets en Aveyron, Haute-Garonne, Tarn, associant PME, technopoles et collectivités pour les mobilités innovantes ou le traitement de l’eau.
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ADI (Agence de Développement et d’Innovation Occitanie) : Plateformes de rencontres “Solutions pour la ville durable”, relais d’appels européens pour les PME régionales, mise en relation public-privé (adocc).
Certaines de ces initiatives donnent lieu à la création de “laboratoires d’expérimentation territoriale” : démonstrateurs de solutions nouvelles en santé, agriculture, mobilité ou bâtiments intelligents, souvent nés du travail en réseau.
Les CCI et agences de développement économique : des « tiers de confiance »
Les CCI et agences telles que l’AD’OCC ou la SPL Occitanie Events jouent aussi un rôle clé pour faire le lien :
- Organisation de journées “rencontres public-privé” chaque année dans chaque département
- Aide à la structuration de réponses collectives à la commande publique
- Mise à disposition de portails pour diffuser offres et besoins (ex : « Place Occitanie » pour la relance économique)
Parmi les chiffres marquants : en 2023, plus de 650 événements “business public-privé” ont été recensés par la CCI Occitanie sur le territoire, tous secteurs confondus (CCI Occitanie).
Comment s’intégrer à ces réseaux ? Conseils pratiques
Pour un dirigeant d’entreprise, un élu local ou un acteur de l’écosystème, il n’est pas toujours simple de savoir où frapper. Quelques repères clés :
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S’identifier à une filière (numérique, santé, aéronautique…) puis repérer le pôle ou cluster correspondant.
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Participer à des événements ouverts (réunions thématiques, rencontres de la transition, visites de sites).
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Prendre contact avec les chargés de mission : chaque réseau dispose d’interlocuteurs pour guider les nouveaux membres potentiels, expliquer la gouvernance et orienter vers les bons groupes de travail.
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Viser l’expérimentation : proposer un “petit” projet partagé, une action pilote, pour amorcer la coopération et gagner en visibilité.
Par expérience, l’implication dans un cluster ou un pôle accélère nettement l’accès à l’information sur les dispositifs publics, les aides ou la commande publique. Selon l’Insee, 67% des PME occitanes membres de clusters ou pôles déclarent avoir bénéficié d’au moins une opportunité de contrat public ou d’innovation collaborative en 2022 (INSEE Occitanie).
Cas pratique : la gestion des ZFE (Zones à Faibles Emissions) en Occitanie
L’implantation effective des Zones à Faibles Emissions à Toulouse Métropole illustre la pertinence d’une mobilisation public-privé ancrée dans un réseau.
- Clubs d’entreprises locaux, associations de commerçants et fédérations artisanales ont été associées dès la concertation initiale (2021-2023).
- Des ateliers de travail ont permis de remonter les besoins réels, d’expérimenter ensemble des solutions de logistique urbaine (livraison propre, mutualisation d’espaces...).
- Des appels à manifestation d’intérêt territoriaux ont permis d’identifier des startups et PME pouvant prototyper et déployer des solutions rapidement.
- Ce processus participatif a accéléré l’obtention de financements, court-circuité les blocages habituels et abouti à la création d’un “club ZFE” associant public et privé pour le suivi opérationnel.
Cette façon de travailler – possible uniquement grâce à des réseaux bien vivants – illustre le pragmatisme et l’efficacité du modèle partenarial occitan.
Perspectives : vers des réseaux plus ouverts et transversaux
La dynamique observée en Occitanie sur les partenariats public-privé est appelée à s’amplifier, portée par des enjeux comme la décarbonation, le numérique “responsable”, la souveraineté industrielle et alimentaire.
- Les réseaux évoluent vers plus d’ouverture : appels à projets d’innovation “citoyens”, podcasts communs, outils partagés de gestion des projets et communication accrue auprès des TPE et des territoires moins centraux.
- Certains clubs élargissent leur cœur de cible, par exemple les réseaux de la silver économie, du tourisme durable ou de l’économie circulaire, en ouvrant la gouvernance aux représentants des collectivités territoriales et à la société civile.
- La région Occitanie aimant être en avance sur les modes de co-construction, on peut s’attendre à voir émerger des “fabriques territoriales” nouvelles, ouvertes aux entrepreneurs, élus et citoyens autour de problématiques concrètes (mobilité, énergies, bien vieillir…)
Le succès de ces réseaux repose sur leur capacité à rester pragmatiques, accueillants et à mesurer avec transparence l’impact de leurs actions. Pour toutes celles et ceux qui souhaitent s’impliquer dans l’action publique locale et s’enrichir de la diversité des acteurs économiques, choisir le bon réseau est la porte d’entrée naturelle.
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