Pourquoi la mutualisation en matière de formation professionnelle est-elle un enjeu stratégique en Occitanie ?
L’Occitanie, deuxième région métropolitaine la plus vaste et l’une des plus dynamiques en création d’entreprises (source : Insee, Insee-Focus 2023), compte près de 600 000 entreprises, tous secteurs confondus. Mais 96% d’entre elles sont des TPE/PME (sources : CCI Occitanie, « Chiffres clés 2023 »). Beaucoup partagent des enjeux identiques en matière d’attractivité des talents, d’évolution des métiers, de conformité réglementaire ou de transition numérique.
- Maîtrise des coûts : L’accès à la formation sur-mesure, souvent coûteux pour une structure isolée, devient plus accessible lorsqu’il est conçu à plusieurs. L’économie d’échelle est directe – jusqu’à 30% de réduction sur le prix des sessions mutualisées, selon le MEDEF Occitanie.
- Meilleure adaptation aux besoins du territoire : Les dispositifs collectifs permettent de faire remonter des besoins précis, en phase avec les évolutions sectorielles (ex : industrie aéronautique, tourisme vert, numérique…).
- Dynamique de coopération : Mutualiser, c’est créer un cadre où les entreprises échangent sur leurs pratiques RH et sur l’évolution des compétences, parfois avec le concours de partenaires publics.
- Accès renforcé à certains financements : Plusieurs dispositifs régionaux ou nationaux conditionnent l’aide à la démarche collective (Appel à Manifestation d’Intérêt Occitanie Compétences, Fonds Social Européen, Plan d’Investissement Compétences).
En Occitanie, la mutualisation de la formation n’est pas qu’un effet de mode : c’est une nécessité stratégique qui gagne en visibilité, soutenue par des réseaux structurés.
Quels grands types de réseaux favorisent la mutualisation de la formation professionnelle ?
Le paysage est riche, et l’on peut distinguer trois grandes familles de réseaux, aux modalités spécifiques :
- Les clusters, pôles de compétitivité et grappes d’entreprises sectorielles
- Les réseaux interprofessionnels portés par des organisations patronales ou associatives
- Les dispositifs territoriaux et partenariaux impliquant institutions, CCI, chambres de métiers, etc.
1. Les clusters et pôles sectoriels : des catalyseurs pour l’ingénierie collective de formation
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Montpellier Numérique / Digital 113
- Réseau régional des entreprises du numérique, fédérant plus de 300 membres.
- Lance chaque année des actions mutualisées - ex : ateliers collectifs sur la cybersécurité, parcours formation sur les soft-skills tech - souvent accessibles aux TPE qui seules n’auraient pas les moyens de les organiser.
- Partenariats avec l’OPCO Atlas, l’Apec et la Région ; participation au programme « Montpellier Tech Talent » (source : digital113.fr, 2024).
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Aerospace Valley
- Le cluster majeur des secteurs aéronautique, espace et drones Sud-Ouest (Occitanie et Nouvelle-Aquitaine), 800+ membres.
- Anime chaque année des groupes de travail sur les besoins en formation, centralise des offres mutualisées, et développe des dispositifs innovants avec l’ISAE Supaero ou l’AFPA.
- Organise des « Semaine de la formation mutualisée », ateliers pour PME sous-traitantes, etc. (source : aerospace-valley.com).
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Agri Sud-Ouest Innovation
- Pôle de compétitivité qui regroupe des acteurs agro et agro-industriels, sur 2 régions, dont 450 en Occitanie.
- Face à la pénurie de main-d’œuvre et l’accélération des transitions, le pôle co-organise des séquences de formation partagée, en lien avec les CFA, l’AFPA ou via la plateforme régionale Transitions Pro Occitanie.
Ces clusters facilitent l’identification des besoins, la co-construction des référentiels et la logistique autour de la formation. Ce sont souvent eux qui obtiennent des co-financements publics ou européens pour lancer des programmes innovants.
2. Les réseaux associatifs et patronaux interprofessionnels : la force du collectif
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MEDEF Occitanie
- Porte des actions collectives telles que les « Clubs RH » où sont régulièrement mutualisées des sessions - ex : formations sur le management interculturel, la gestion du télétravail, la cybersécurité RH.
- Soutien logistique aux Groupements d’Employeurs (voir plus bas).
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French Tech Toulouse et French Tech Méditerranée
- Au-delà de l’accélération startup, la French Tech anime en Occitanie des ateliers mutualisés (IA, gestion de la croissance, levée de fonds).
- En 2023, plus de 500 startups en Occitanie ont bénéficié de parcours de formation et de bootcamps, souvent accessibles grâce à la collaboration entre plusieurs structures membres.
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UPE66 (Union Pour l’Entreprise des Pyrénées-Orientales)
- Gère annuellement des plannings de formation mutualisés avec l’appui de la CCI, à destination des TPE qui, isolées, externaliseraient ou renonceraient à certaines thématiques (gestion de crise, numérique, gestion sociale…)
Ces réseaux jouent le rôle d’agrégateurs et de facilitateurs : ils identifient les besoins communs, sélectionnent des organismes de formation certifiés, négocient en commun les tarifs et programment les sessions en mutualisant l’accès aux salariés ou dirigeants membres.
3. Les groupements d’employeurs et plateformes territoriales
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Groupements d’employeurs (GE) :
- Plus de 220 GE sont actifs en Occitanie selon l’observatoire national des Groupements d’Employeurs (on-ge.org, 2023).
- Leur vocation première est de mettre à disposition du personnel à temps partagé, mais nombre d’entre eux pilotent des plans de formation communs.
- Par exemple, le GEIQ bâtiment Toulouse fédère plus de 60 entreprises qui co-financent un plan de formation annuel et partagent les apprentis ou alternants sur plusieurs chantiers.
- L’ANPEGE Occitanie recense tous les ans entre 1500 et 2000 salariés bénéficiaires de formations mutualisées via les GE, tous secteurs confondus.
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Maisons de l’Emploi et plateformes territoriales
- La Maison de l’Emploi de Toulouse Métropole par exemple anime des ateliers de co-design de formation impliquant des entreprises, organismes de formation et institutions publiques (Pôle Emploi, Mission Locale).
- Le Plan Régional de Formation Occitanie, piloté par la Région, comporte un axe « CAMPUS » qui cible explicitement la mutualisation des actions de formation, notamment autour des filières prioritaires (numérique, santé, industrie verte).
Des exemples concrets de mutualisation réussie en Occitanie
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Le Campus des Métiers et des Qualifications du Numérique Occitanie :
- Regroupe entreprises adhérentes (Startups numériques, grandes ESN, collectivités) pour co-construire référentiels, ateliers, modules courts mutualisés sur la cybersécurité, l’agilité, le cloud computing, etc.
- Près de 1700 salariés bénéficiaires sur 2022-2023 (source : campusnumerique-occitanie.fr).
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Le réseau VIA Industries :
- Structure associative qui fédère dans le Tarn-et-Garonne plus de 500 industriels.
- Réussite de la mutualisation de formations sécurité/environnement, robotique industrielle, management de proximité.
- Économie réalisée : -25% sur les budgets formation, avec une couverture élargie des effectifs.
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La plateforme compétence-transitions.fr (Région+CCI+OPCO) :
- Dispositif partenarial d’identification et mutualisation des besoins, intersectoriel.
- Un point d’entrée unique pour les entreprises, TPE-PME, souhaitant se regrouper pour planifier les formations liées à la transition écologique, conformité réglementaire, ou digitalisation.
Comment accéder à la mutualisation de la formation en Occitanie ? Conseils pratiques et points de vigilance
- S’identifier et se rapprocher des réseaux actuels sur son territoire : CCI, chambres de métiers, pôles sectoriels, fédérations professionnelles… disposent toutes de cartographies et de « référents formation » pouvant orienter vers les bonnes démarches collectives.
- Participer à des ateliers d’émergence de besoins collectifs : Typiquement organisés par les clusters sectoriels ou les plateformes institutionnelles, ils permettent d’exprimer et de mettre en commun des attentes en matière de contenu, planning, budget, etc.
- Porter l’initiative : Dans de nombreux cas, un simple signalement volontaire (ex : via le formulaire des CCI) permet d’organiser une session mutualisée si le nombre d’entreprises atteintes est suffisant.
- Suivre les appels à projets et dispositifs Région/Europa : Le Plan d'Investissement dans les Compétences (PIC), les financements FSE ou les aides régionales soutiennent prioritairement les formations à destination de plusieurs entreprises, filières ou bassins, plutôt que des démarches isolées.
- Évaluer collectivement l’impact : Un bon dispositif de mutualisation prévoit systématiquement un point post-formation pour mesurer l’efficacité, recueillir les retours et améliorer les sessions futures.
Ressources utiles pour aller plus loin
Vers une évolution accélérée : pourquoi la mutualisation va encore s’amplifier
Avec la pénurie de compétences dans beaucoup de secteurs (88000 projets de recrutements saisonniers et qualifiés en Occitanie en 2024, source : Pôle Emploi), la pression réglementaire croissante (formation numérique, transition écologique, conformité RGPD…) et l’accélération de la transformation des métiers, la mutualisation autour de la formation professionnelle s’impose comme un levier de compétitivité et d’adaptation.
La dynamique portée par les réseaux d’entreprises locaux et sectoriels n’a donc pas fini de s’amplifier : on observe l’émergence de nouveaux groupements hybrides (associant collectivités, start-ups, ETI), le développement de plateformes numériques collaboratives, et une implication croissante des OPCO (opérateurs de compétences) pour accompagner la logique collective.
Pour les entreprises qui cherchent à s’adapter rapidement, rejoindre ou initier de tels dispositifs demeure l’un des moyens les plus efficaces d’accéder à des compétences, d’optimiser leur budget et d’accélérer l’intégration des innovations RH majeures.
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